EPIDEMIE

Les maladies infectieuses demeurent les principales causes de morbidité et de mortalité aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant. Les principales maladies endémiques sont le paludisme au niveau des régions côtières, la tuberculose pulmonaire et les schistosomiases intestinales et urinaires. Cependant d’autres travaux de recherche récents tendent à montrer que certains virus respiratoires comme les virus grippaux, les virus respiratoires syncitiaux (VRS) et les rhinovirus entraînent une morbidité communautaire non négligeable et sans doute sous-estimée[1].

Actuellement, la population malgache vit dans un environnement où des facteurs de risque (pauvreté, pollution, insalubrité de l’environnement, changement climatique, accroissement et la vitesse des voyages internationaux, instabilité politique, etc.) concourent à l’explosion d’épidémie (grippes saisonnières et aviaires, arboviroses, rage, paludisme, peste, etc.). En effet, les maladies émergentes et ré-émergentes constituent des causes de morbidité et de mortalité. La grippe, responsable d’absentéisme scolaire et au travail, de complication respiratoire et cardio-vasculaire surtout chez les personnes âgées et les enfants en bas âge, sévit pendant toute l’année dans le pays.

Les arboviroses peuvent toucher un nombre considérable d’individus et pouvant entrainer des formes hémorragiques responsables d’une mortalité élevée. Au mois de juin 2013, l’épidémie d’arboviroses avec 109 cas suspects dont 8 cas confirmés dans la Commune Urbaine d’Antsiranana I a été vite contrôlée. Aucun décès n’a été enregistré grâce à la rapidité et l’efficacité de la riposte.

La peste, maladie transmissible à déclaration obligatoire, sévit encore de façon endémo-épidémique à Madagascar et provoque chaque année une épidémie dans certains districts foyers, malgré les efforts déployés par les responsables sanitaires. En 2015, la saison pesteuse a été très active et précoce que d’habitude. Des cas mortels ont été notifiés depuis le mois d’aout, 52 décès humains enregistrés entre aout et décembre avec un taux de létalité de 36% (plus élevé que les autres années).

Le Paludisme, malgré d’importantes améliorations ces dernières années, reste un problème majeur de santé publique à Madagascar. Il représente la 8ème cause de morbidité en 2011 au niveau des CSB. En 2013, 72 communes dans 33 districts ont notifié des alertes. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont les plus vulnérables dans les zones endémiques. Toutes les personnes vivant dans les zones de transmission instable qui se déplacent vers les zones de transmission stable sont à risque de paludisme grave étant donné l’absence de prémunition. Suite à la mise à l’échelle des interventions de prévention (CAID, MID, TPI) qui engendrent la diminution de la prémunition, toute la population est exposée à une éventuelle épidémie de paludisme.

La poliomyélite réapparait en 2014 alors que le pays était en bonne voie d’éradiquer totalement cette épidémie. 11 cas ont été notifiés, repartis sur l’ensemble du pays.

Enfin, Madagascar est menacé par des épidémies de fièvres hémorragiques virales telles que Ebola[2]; ou par la fièvre jaune du fait de conditions éco-épidémiologiques et de sensibilité des populations défavorables.

 

[1]Razanajatovo NH, Richard V, Hoffmann J, Reynes JM, Razafitrimo GM, Randremanana RV, and Heraud JM. Viral Etiology of Influenza-Like Illnesses in Antananarivo, Madagascar, July 2008 to June 2009. PLoS One. 2011 Mar 3;6(3).

[2] Avril 2014 : 168 cas en Guinée, dont 108 décès ; Libéria 26 cas, 13 décès ; Sierra Léone 2 cas suspects, 2 décès.